L’étiolement du centre

L'étiolement du centre

A l’occasion des législatives de 2019, plusieurs médias proposaient le « test électoral ». Un projet développé en partenariat avec les universités UCLouvain et UAntwerpen pour indiquer à l’électeur de quel parti il est le plus proche. Un an plus tard, Stefaan Walgrave (UAntwerpen) a reposé 15 questions socio-économiques et 15 questions socio-culturelles de ce test électoral de 2019.(*)

(*) Synthèse de deux articles de Jan-Frederik Abbeloos publiés le 22/05/2020 dans De Standaard : « Het centrum verschraalt » et « Partijen zijn radikaler dans hun kiezers ».

Il n’est pas bon de se positionner au centre de l’échiquier politique

Le résultat est surprenant. En Flandre, l’électeur moyen est un électeur centriste. Pourtant, les deux partis les plus proches du centre (CD&V et Open VLD) perdaient des électeurs en 2019 alors que les partis extrémistes (Vlaams Belang et PVDA) sortaient gagnant des élections.

Pour Stefaan Walgrave (UAntwerpen), « pas mal de recherches montrent que les électeurs votent consciemment pour des partis plus radicaux qu’eux. C’est ce qu’on appelle le « vote directionnel ». Les électeurs sont par exemple un peu contre la politique migratoire, mais votent pour le Vlaams Belang dans l’espoir qu’il se passe quelque chose ». L’électeur anticipe en quelque sorte le compromis qui sera trouvé entre les partis après les élections.

Jonas Lefevere de la VUB partage cet avis : « En tant que parti au pouvoir, ils doivent trouver des compromis ce qui dilue leur profil. Ceci peut amener les électeurs, intéressés par une thématique précise, à voter pour un parti qui présente un profil plus prononcé »

L’extrémisme se renforce

Le marché électoral est extrêmement volatil. Un an après les élections, 17,5 % des enquêtés (**) déclarent vouloir donner leur vote à un autre parti qu’en 2019. Les chiffres doivent donc être interprétés avec prudence, estiment Stefaan Walgrave et Jonas Lefevere.

Toutefois, pour le PVDA et le Vlaams Belang la popularité grandissante est statistiquement significative. Un tiers des flamands voterait aujourd’hui pour un de ces deux partis (contre un quart en 2019).

Mais ces deux partis n’ont pas atteint leur plein potentiel. Le coronavirus a révélé au grand jour la crise existentielle des partis politiques (***) ce qui est tout bénéfice pour les extrémistes. Ainsi, près d’un quart des Flamands s’imagine aujourd’hui pouvoir voter pour le PVDA et 40 % pour le Vlaams Belang.

(**) Résultat d’une enquête réalisée par UAntwerpen et la VUB auprès de 1.857 Flamands (entre le 9 et le 28/04/2020).

(***) voir à ce sujet notre article : “Nos politiques, ces figurants impuissants”

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