La 5G contestée en Italie

La 5G contestée en Italie : lettre ouverte du président de l’ISDE(*) Italia

(article original paru sous le titre : « 5G, lettera aperta dell’Isde a Di Maio: “Perché non avete consultato le autorità sanitarie?” » dans « Il Salvagente » (**), le 11/04/2019)

« Si vous pensez que les seuls risques pour la 5G sont ceux de la cybersécurité et des éventuelles pertes de souveraineté dues à l’attribution de services à des entreprises étrangères, cela veut dire qu’ils ne vous ont pas bien expliqué le problème ».

Ce n’est certainement pas un ton diplomatique qui a été choisi par Agostino Di Ciaula, Président du Comité scientifique de la Société internationale des médecins pour l’environnement (ISDE Italia), dans la lettre ouverte adressée au ministre du Travail et du Développement économique, Luigi Di Maio.

(*) L’ISDE (International Society of Doctors for the Environment) est le Comité scientifique de la société internationale des médecins pour l’environnement. 24 pays, dont la Belgique, sont membres de l’ISDE.

(**) Il Salvagente est un mensuel dédié aux droits des consommateurs

Si la 5G était un médicament

« Avant la commercialisation d’un nouveau médicament, il doit réussir une évaluation préclinique (études de laboratoire et de modèles in vivo pour évaluer les bénéfices et les risques toxicologiques) et une évaluation clinique ultérieure », écrit Di Ciaula divisée en longues phases et subordonnée à l’autorisation d’un comité éthique et à l’obtention d’un consentement éclairé de la part de ceux qui décident, volontairement, de se soumettre à l’expérimentation. Ce processus complexe d’évaluation, nécessaire à la lumière du toujours valable principe “primum non nocere” (***), dure en moyenne environ une décennie. Bien sûr, la 5G n’est pas un médicament, même si quelqu’un a décidé d’améliorer notre qualité de vie »..

Selon le président de l’ISDE, la 5G a des effets biologiques bien documentés. « Et si la 5G était un médicament, précisément en raison des preuves disponibles sur ces effets biologiques, il n’aurait même pas passé la phase d’évaluation préclinique » ajoute Di Ciaula.

(***) Primum non nocere est une locution latine qui signifie : « en premier, ne pas nuire » ou « d’abord, ne pas faire de mal ». C’est le premier principe de prudence appris aux étudiants en médecine et en pharmacie.

Notre sécurité d’existence privatisée !

Les derniers gouvernements ont été fortement influencés par des intérêts privés et patronaux. Ce n’est pas nouveau : depuis une quarantaine d’années, notre patrimoine matériel, culturel et social est géré comme celui d’une entreprise privée. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient fonctionné comme des patrons d’entreprises, avec les méthodes correspondantes. Si les théories de Michaël Porter se sont donc révélées efficaces, en ce qui concerne les acteurs entrepreneuriaux et commerciaux, nous n’en dirions pas autant de l’exécutif qui se sera laissé piégé.

De plus en plus de logistique et de services délocalisés, indisponibles en période de blocage. La production est bien trop peu diversifiée, la course à la réduction des coûts étant érigée en dogme absolu. Des lobbies flanquent toutes les organisations particratiques, et ces dernières sont cadenassées, institutionalisées : les « militants » sont pour la plupart des clients obligés. Certaines administrations vitales aux conditions de vie des Citoyens sont corsetées, noyautées et caporalisées, empêchant une évaluation contradictoire, une veille correcte et efficace de la gouvernance.

L’expérimentation lancée en douce

Au contraire, grâce à l’« expérimentation » en cours, la 5G est déjà été administrée à au moins 4 millions d’Italiens, comme l’a dit « il Salvagente » (**), « sans autorisation préalable d’un comité d’éthique, sans consentement éclairé, sans évaluation préalable des risques et sans surveillance appropriée de la santé et de l’environnement ». Et bientôt, avec ses fréquences jamais expérimentées sur une si grande échelle et avec une densité d’exposition d’un million d’appareils au km2, la 5G sera également administrée à tous les autres Italiens, s’ajoutant à la 3G, à la 4G et à leurs effets.

Les médecins de l’ISDE assurent qu’ils ne veulent pas entraver le progrès ou l’évolution technologique, mais ils invoquent un juste équilibre « entre nos vrais besoins, les risques possibles et les exigences de profit des opérateurs de radiotéléphonie. Un peu de prudence aurait été souhaitable ».

« Pourquoi les organismes de santé n’ont-ils pas été consultés? »

Selon Di Ciaula, il eut été opportun que l’administration ait préalablement impliqué les organismes chargés de la protection de l’environnement et de la santé publique (Ministère de la Santé, Institut Supérieur de Santé, Ministère de l’Environnement, ISPRA/ARPA), ait mis en œuvre des protocoles de surveillance appropriés, procédé à une évaluation des risques tenant compte des données scientifiques disponibles, réviser la législation inefficace en vigueur et adopter toutes les mesures visant à réduire l’exposition, en particulier des personnes les plus vulnérables.

Pas de panique

« A ceux qui m’accuseront d’alarmisme », conclut le président de l’ISDE, « je demande ce qui est pire : être alarmistes simplement parce qu’il est proposé de faire preuve de prudence sur la base des données scientifiques disponibles ou d’être inconscient et de les sous-estimer ou même de les ignorer complètement en attendant d’éventuels dommages mesurables seulement a posteriori? Les leçons du passé sont importantes et ne pas apprendre des erreurs commises est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre ».

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