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Le passeport sanitaire européen : une erreur stratégique ?

Un appel lancé par un groupe de scientifiques internationaux -épidémiologistes, virologistes, immunologues, politologues, sociologues et économistes, publié sous le titre « Aiming for zero Covid-19: Europe needs to take action ».

A en croire ces scientifiques, l’UE, avec son passeport vaccinal qui nous permettra, pour des raisons économiques, de passer nos vacances à l’étranger, appliquerait une stratégie court terme contre productive.

Les scientifiques proposent tout le contraire : outre la vaccination et la stratégie de test-traçage, ils recommandent la création de petites zones vertes (de la taille d’un département, d’une province, …) à l’intérieur desquelles on circule librement et on revient à une vie normale : les écoles, les restaurants, les entreprises touristiques et autres peuvent rouvrir. La circulation entre zones vertes confirmées est également autorisée.

Vaccination, oui mais ….

La vaccination est un élément essentiel pour sortir de la pandémie. Mais l’espoir d’atteindre l’immunité de groupe en Europe d’ici la fin de l’été s’estompe, car le déploiement des vaccins s’avère être un défi majeur. En outre, l’émergence de nouveaux variants au Brésil, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud est un signal d’alarme qui nous indique que nous pourrions être confrontés à une protection moindre de la part des vaccins. De plus, l’histoire démontre que la vaccination ne peut pas contrôler un virus à elle seule : elle nécessite des efforts concertés et une combinaison de mesures de santé publique. Une sortie mondiale de la pandémie de Covid-19 en 2021 semble peu probable, voire impossible. Pour éviter les cycles de verrouillage comme ceux que nous avons connus l’année dernière et cette année, nous devons freiner la propagation du virus dès que possible et choisir la voie d’une reprise durable. La stratégie européenne doit se concentrer sur la maîtrise du virus plutôt que sur des mesures de confinement à long terme et à l’échelle nationale en raison du nombre élevé de transmissions communautaires non traçables et du nombre élevé de décès.

Une stratégie qui repose sur les « zones vertes »

Si le contrôle du virus à travers l’Europe semble être une tâche ardue, il est possible d’y parvenir en définissant des mesures et des normes de santé publique communes visant à créer puis à protéger des zones vertes. Plus les zones sont petites et moins il y a de mobilité entre elles, plus vite on peut atteindre la sortie et éviter les pires mesures. Toutefois, comme le zonage doit être politiquement et socialement acceptable, et applicable localement, chaque pays doit faire son propre choix pragmatique. Par exemple, l’Italie pourrait opter pour des régions, l’Allemagne pour des Landkreise ou des Länder, et un petit pays comme la Lituanie pourrait choisir d’être considéré comme une seule zone. À un niveau encore plus granulaire, une seule ville pourrait être considérée comme une zone si cela est possible.

Une zone est étiquetée verte lorsque l’origine de chaque transmission est connue, de sorte que les stratégies de test, de traçage et d’isolement peuvent empêcher la propagation incontrôlée des quelques infections restantes. Les zones vertes peuvent progressivement revenir à une vie normale : les écoles, les restaurants, les entreprises touristiques et autres peuvent rouvrir complètement, et les voyageurs se déplacent librement à l’intérieur des zones vertes et entre elles.

La santé publique et la prospérité économique sont complémentaires

Devenir une zone verte vaut-il la peine de faire des efforts ? Oui. D’un point de vue économique et social, presque tous les coûts à court terme sont compensés par les avantages de sortir de la paralysie de la pandémie. La santé publique et la prospérité économique ne sont pas des objectifs concurrents mais complémentaires. En outre, la perspective d’un retour sûr à la normale permettra de contrer la fatigue croissante de la population et de motiver et responsabiliser les communautés locales.

La vision à long terme est une Europe qui ressemble à une mer de zones vertes avec seulement quelques épidémies de courte durée dans chaque île rouge qui peuvent être contrôlées par des mesures locales plutôt que nationales.

Viser les zones vertes offre une voie claire pour sortir de la pandémie avec le moins de dégâts possible. L’Europe ne doit pas manquer l’occasion de s’appuyer sur sa force et son unité. Un plan coordonné serait le plus efficace pour contrôler le virus, tout en évitant la fermeture unilatérale des frontières. Les décideurs européens ont de plus en plus montré leur volonté de surmonter les obstacles de la bureaucratie et de la politique pour relever le défi que nous lance le virus.

Il est important que la stratégie soit accompagnée d’une communication claire, cohérente et transparente.

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