Quand les technocrates gèrent une pandémie

Quand les technocrates gèrent une pandémie

Vendredi, dans son article « Le commissariat corona ne prône pas le vaccin obligatoire: ce que dit le rapport », Le Soir dévoilait les dernières recommandations du commissaire corona, Pedro Facon, et son équipe. Que faut-il en penser ?

Ils l’appellent vaccin, mais ...

L’on pourrait se réjouir du fait que « le commissariat corona ne recommande pas de procéder à la vaccination obligatoire contre le Covid-19 » et que « Pedro Facon et son équipe plaident plutôt pour la mise en place d’un ‘’certificat corona’’ ».

Le commissariat estime « qu’au lieu d’être un outil pour limiter le risque de contamination dans les activités de certains milieux (le Covid Safe Ticket initial), le certificat corona pourrait avoir pour objectif principal de contribuer à un taux de vaccination plus élevé. Ce taux permet de limiter les cas graves et de réduire les hospitalisations. »

A demi-mot, Pedro Facon et son équipe reconnaissent que les vaccins n’empêchent ni la transmission, ni la maladie et que la seule solution est la protection individuelle contre les formes graves. Sauf qu’avec le variant omicron, moins pathogène, cette disposition ne semble plus d’actualité. D’ailleurs, les précédentes pandémies de 1919-1921, ‘57-’58 et ‘68-’69 ont montré que sans vaccin une pandémie disparaît au bout de 2 à 3 ans.

Le certificat corona : un pass vaccinal éternel ?

Le Covid Safe Ticket, s’il était attribué sur des bases scientifiques et sanitaires plutôt que pour des raisons politico-économiques, attesterait que le porteur du ticket est ‛safe’ (sûr) et qu’il ne peut pas transmettre la maladie. On comprend que si tel avait été le cas, le CST n’aurait jamais existé. D’ailleurs, dans son édition du 30 novembre 2021, Le Vif titrait « Covid Safe Ticket: chronique d’un échec cuisant »

Le fait de remplacer le terme « COVID », désignant la maladie, par le terme « corona » qui n’est autre que l’abréviation de coronavirus, tout en précisant que « cet instrument deviendrait un certificat de vaccination » confirme qu’il est demandé aux citoyens de se protéger du coronavirus.

Toutefois, « Coronavirus » (CoV) désigne une famille de virus dont fait partie le SARS-CoV-2 responsable de la COVID-19. Certains rhumes sont également provoqués par des coronavirus notamment les HCoV-229E et HCoV-NL63. Et, bien plus grave, en octobre 2020 des chercheurs ont découvert que le Coronavirus du syndrome de la diarrhée aiguë porcine, ou SADS-CoV, était capable d’infecter les cellules humaines et de s’y répliquer.

Alors, doit on s’attendre à ce que le « certificat corona » devienne un pass sanitaire à vie avec un délai d’expiration comme pour les passeports administratifs ?

Tous vaccinés ?

Il est inquiétant d’apprendre que « l’attestation de rétablissement serait abandonnée » et que, par conséquent, les malades rétablis devraient systématiquement se faire vacciner. La science peut-elle confirmer que ces personnes ne courent aucun risque ?

A ce sujet, dans le monde médical, l’obligation vaccinale contre la COVID est régulièrement justifiée par celle du personnel soignant contre l’hépatite B. Rien n’est plus faux.

Tout d’abord, le vaccin contre l’hépatite B n’est requis que si l’immunité est insuffisante, en l’occurrence si le taux d’AcHBs est inférieur à 10 mUI/ml.

Ensuite, ce vaccin à triple dose (2 injections avec un intervalle de 1 mois suivi d’une 3ème injection après 4 à 6 mois) offre une protection à vie.

Finalement, le vaccin contre l’hépatite B a été découvert en 1976 et mis sur le marché 5 ans plus tard. Aujourd’hui, les effets indésirables sont connus du grand public et reconnus par la justice.

Bis repetita ?

En France, les laboratoires GlaxoSmithKline et Sanofi Pasteur, deux fabricants de vaccins contre l’hépatite B, ont fait l’objet de nombreuses poursuites en justice, depuis 1998. Plusieurs juges du fond (première et/ou deuxième instance) ont reconnu la responsabilité des laboratoires dans l’apparition de scléroses en plaques après une vaccination contre l’hépatite B.

Néanmoins, la Cour de Cassation a toujours cassé ces jugements, jusqu’en mai 2008 : dans un mouvement de revirement de jurisprudence, la Cour de Cassation reconnaît l’existence de « présomptions graves, précises et concordantes » permettant d’affirmer la responsabilité des vaccins.

En janvier 2008, les deux laboratoires ont été attaqué pour la première fois au pénal pour « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d’un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l’homme ».

La gestion de la pandémie par les politiques et leurs pions

La vaccination n’étant pas obligatoire et le vaccin ne protégeant que contre les formes graves, les malades feront toujours partie du paysage. Il y a donc de quoi s’inquiéter si le gouvernement se limite à écouter une équipe, en l’occurrence le commissariat corona, qui ne propose pas une approche globale de lutte contre les pandémies basée sur la prévention, dont le renforcement de l’immunité naturelle individuelle, la prise en charge ambulatoire dès les premiers symptômes, le traitement de la maladie, la notion de bien-être (physique et psychologique), l’information, la vaccination, etcétéra.

Il est alarmant de voir que les autorités politiques confient à un titulaire d’une maîtrise en sciences politiques (KU Leuven), spécialisé dans la gestion et l’audit des administrations publiques, la responsabilité de proposer les différents scénarios pour augmenter le taux de vaccination.

A 40 ans, l’expérience professionnelle de Pedro Facon se résume à celle de chercheur à la « KULeuven Instituut voor de overheid » (institut pour la gestion publique) qui mène des recherches managériales et politiques sur divers aspects de la gouvernance publique, de conseiller en stratégie et organisation à l’INAMI, de chef de cabinet pour les soins de santé auprès du ministre De Block (depuis octobre 2014) et de directeur général des soins de santé au sein du Service public fédéral Santé publique (depuis février 2017).

Vers une commission multidisciplinaire transparente

Il est vrai que le commissariat corona précise que le « certificat corona doit toutefois s’inscrire dans un ensemble de politiques plus larges » et qu’il a consulté des institutions publiques(1), mais leurs avis sont le fruit d’un travail opaque fourni, en grande partie, par des personnes sélectionnées par les élus.

Il est dans l’intérêt des citoyens et de la responsabilité du gouvernement de mettre en place un seul comité consultatif tel que proposé par les signataires du manifeste d’hiver : « Un organe central composé de généralistes (pas d’experts ni d’intervenants directs) aux profils variés : médical, épidémiologique, pédagogique, économique, juridique, psychologique, social, artistique-culturel, sportif, gestion d’entreprise, organisation (de soins), éthique, syndical… ». Les séances plénières de ce comité et les auditions d’experts seront obligatoirement publiques.

(1) La commission Droits du patient du SPF santé, le Comité consultatif de bioéthique, Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations ) et l’IFDH (Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains) du SPF justice ont remis leur avis. Celui du Conseil supérieur de la santé du SPF Santé est attendu.

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simul

La vaccination est un commerce !